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Joel David
Interview
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Soprema, basé à Strasbourg, est spécialisé dans les produits de revêtement et d’échantéité. Depuis plus de 15 ans, la société familiale fondée en 1908, s’est impliquée dans le développement durable. Présent dans la philosophie de l’entreprise, il s’applique à toute la chaîne de valeur. Joël David, son directeur du développement durable, nous explique comment.

Agrion : Depuis combien de temps êtes-vous impliqué dans une démarche développement durable ?
Joël David :
Cela fait une quinzaine d’années que nous avons commencé, avec des usines ISO 14001. Nous étions les premiers dans le bâtiment en France à ressentir le besoin de les mettre en place. Depuis une dizaine d’années, notre recherche s’est fortement impliquée dans le développement durable, avec le soutien et les moyens de notre Président et de notre directeur R&D.

Agrion : Lesquels de vos produits ont des aspects environnementaux ?
JD :
Beaucoup de nos produits comportent des aspects environnementaux significatifs. Par exemple, certaines de nos armatures sont faites avec des produits recyclés. Pour nos produits qui ont un fort impact positif sur le plan environnemental, nous utilisons le label Ecostruction. Notre produit Flaxline (écran de sous-toiture et pare-pluie breveté en fibre de lin) est un produit avec un aspect environnemental total. Il est sur le marché depuis près d’un an. Aquadere, un enduit d’imprégnation à froid, a remplacé les produits solvantés et existe depuis près de deux ans.

A travers la gamme UniverCell, nous sommes très impliqués dans l’isolation à base de ouate de cellulose. Pour fabriquer ce produit à base de récupération de papier, une usine construite près de Bordeaux va ouvrir d’ici quelques semaines.

Nous avons aussi développé le solaire depuis près de deux ans via la gamme Soprasolar. Ce sont des cellules photovoltaïques intégrées dans les produits d’étanchéité bitumineuse. Nous les posons en même temps que nos produits d’étanchéité. Il y a des milliers de mètres carrés de toits qui sont inexploités, notamment des hypermarchés, des locaux industriels, etc. Si l’on mettait des panneaux solaires sur 1% de ces toits cela permettrait d’avoir un impact non négligeable sur l’environnement. Nous achetons les cellules souples chez des spécialistes du secteur, puis elles sont posées avec les produits d’étanchéité. Les branchements sont effectués par des électriciens.

Agrion : Au-delà des produits, comment se manifeste votre démarche DD ?
JD :
Prenons l’exemple du chantier du pont George Washington, à New York, où nous avons utilisé des machines automatiques, les Macaden. A travers les automatismes et la charge supportée par ces machines, le travail a de fait été facilité pour les compagnons. C’est une démarche parmi d’autres qui comportait des aspects sociaux.

Agrion : Vous proposez des produits qui sont particulièrement adaptés au marché américain. Comment se comporte ce marché et quelles sont ses spécificités ?
JD :
Les produits SopraStar reflètent le rayonnement solaire. De ce fait, le réchauffement est diminué. Cela permet de diminuer les besoins en climatisation et de répondre aux besoins des bâtiments LEED. Ces produits sont de plus en plus demandés. L’environnement est depuis quelques mois est un élément plus pris en compte par les Etats-Unis.

Agrion : Depuis quand avez-vous remarqué une approche différente de la part de vos clients ?
JD :
Cela a commencé avec les chantiers HQE. Nous avions une gamme de produits déjà présents sur le marché pour répondre facilement et rapidement à cette démarche.

Agrion : Est-ce que certains clients sont attirés spécialement par votre démarche DD ?
JD :
Nous avons une politique de communication basé sur le concret, le « on fait », et non sur des promesses, le « on va faire ». Les clients potentiels ont de vraies preuves de notre démarche, et ils savent qu’ils auront ce qu’ils commandent.

Agrion : Vous faites aussi des toitures végétalisées. Est-ce un produit qui fonctionne bien ?
JD :
La toiture végétalisée à plusieurs avantages : elle récupère une partie de l’eau, et évite ainsi de l’envoyer dans le système d’évacuation des eaux usées, donc son traitement. En plus d’être esthétique et de contribuer à l’écosystème, la toiture végétalisée contribue à l’isolation thermique. Nous étions précurseurs dans ce domaine en France il y a une vingtaine d’années lorsque nous avons commencé. Depuis un ou deux ans, le marché explose.

Agrion : Quelles sont les démarches que vous appliquez en interne ?
JD :
Nous partons du principe que ce qui est valable pour les autres est aussi valable pour nous. Les usines que nous construisons suivent une approche « verte » et nous voulons réduire les impacts de nos usines. A titre d’exemple, à Val de Reuil l’eau de pluie est récupérée pour le refroidissement, à Sorguef a été mise en place une toiture solaire... En parallèle, nous valorisons les déchets et les remettons dans le circuit industriel. Nous recyclons tout ce qui peut l’être. Pour les déchets bitumineux (de production ou de fin de vie), nous avons conçu en partenariat avec Eurovia une station de récupération pour les intégrer dans les enrobés bitumineux. Notre politique d’éco-conception nous entraîne à créer un maximum de fiches de données environnementales.

Agrion : Quelle est la situation avec les fiches de données environnementales à l’international ?
JD :
Pour l’instant la France est en avance dans ce domaine. C’est une norme qui va devenir internationale, mais c’est un travail de longue haleine. Cette démarche est fortement soutenue par les ministères et le CSTB pour que le modèle international soit basé sur celui qui existe en France.


Alex Wynne



Soprema en quelques chiffres :

 

  • Chiffres d’affaires 2008 : €1,04 milliard
  • 14 usines dans le monde, ouverture d'une 15e en Pologne l'année prochaine
  • 10 filiales, présent dans 80 pays
  • 3 centres de R&D et 4 centres de formation
  • 3 300 salariés dont 2 600 en France
  • Premier exportateur français dans son secteur, dans les Top-3 au niveau mondial
  • 2008 : 150 millions de m2 de rouleux bitumineux produits