New York Frankfurt
San Francisco Paris 北京 Other countries
Le SWAC monte en puissance aux quatre coins du monde
First Mover Advantage
No reaction yet
You must be connected to post
Recent First Movers Advantages
Luxener conçoit des LEDs venues de l’espace
22/02/2010
Fonebak donne une deuxième vie aux téléphones portables
14/02/2010
Theva booste l’efficacité énergétique grâce à son superconducteur
05/02/2010

Grâce à la technologie du Sea Water Air Conditioning (SWAC), l’île Maurice se prépare à accueillir la première centrale de refroidissement de données informatiques du monde. Ce Green Data Center s’étendra sur 10 000 m2 et pompera de l’eau jusqu’à 1 000 mètres de profondeur. Il est le dernier né d’une série d’installations réparties aux quatre coins du monde, qui utilisent les eaux profondes pour refroidir et climatiser des bâtiments et données informatiques.

 
Qu’est ce que Bora Bora, Stockholm, l’université de Cornell (dans l’état de New York), Ottawa et l’Ile Maurice ont en commun ? L’installation du système Sea Water Air Conditoning (SWAC) sur leurs côtes, les fronts de mer et au bord des lacs. Longtemps restée expérimentale, la technologie SWAC propose d’utiliser les eaux profondes des mers, des océans ou de certains lacs comme une source de froid. L'installation de refroidissement se compose d'un échangeur thermique et de deux boucles (tuyaux et pompes) l'une « d'eau profonde » et l'autre « d'eau de refroidissement ».
 
Sur le plan environnemental, certaines questions restent en suspens. Dans des zones tropicales, l'eau froide profonde pompée à moins de 6°C peut-être rejetée, après utilisation, dans une eau de surface bien plus chaude (jusqu'a 20°C au-dessus de sa température initiale). « Les eaux froides profondes, d'origine polaire qui tapissent tout le plancher océanique, sont une ressource précieuse, inexploitée et ignorée », explique Raymond Zaharia, ancien responsable de programme au sein du
Centre National d'Etudes Spatiales (CNES) et membre du Club des Argonautes.
 
« La première réserve d'énergie solaire du monde est l'océan tropical. C'est cette énergie qui, avec la rotation de la Terre, met en mouvement les grands courants de bord ouest, comme le Gulf Stream ou le Kuro Shio (qui coule dans le Pacifique au large du Japon). Un courant marin comme le Gulf Stream après le Cap Hatteras, représente plus de 90 millions de m3/ seconde, soit près de cent fois le débit de tous les fleuves du monde. Cela correspond aussi à une énergie transportée de l'Equateur vers le pole Nord comparable à celle que fourniraient chaque seconde 1 million et demi de centrales électriques d'une capacité de 1 200 MW ».
 
Cette phénoménale énergie potentielle a souvent été écartée pour des raisons économiques « C'est une erreur, car si l'on se décide enfin à considérer les externalités que comporte en général, toute production industrielle... les ERMs (Energies Renouvelables Marines), seront parmi les plus compétitives », selon l’expert.
 
Vingt deux millions d'euros seront investis à l’Ile Maurice
 
Dernier exemple d’application de la technologie, un nouveau centre de stockage des données informatiques devrait être bâti à Flic-en-Flac, au sud-ouest de l’île. « La création d'un centre industriel d’énergie marine pose les bases d'une toute nouvelle industrie, et permet d’envisager l'exploitation commerciale de l'eau profonde de l'océan Indien de notre zone », explique Arjoon Suddhoo, directeur executif du centre de recherche mauricien. « Au moins 260 entreprises sont implantées sur l’île dans le secteur des centres de données informatiques et nous sommes le premier pays au monde à proposer de refroidir ces centres de données à partir de l’eau de mer », a déclaré Asraf Dulull, ministre des Technologies informatiques du pays.
 
« Cette nouvelle industrie pourrait générer de nouvelles richesses et fournir des emplois directs et indirects au cours des cinq prochaines années », note Arjoon Suddhoo. Encore à l’état de projet, ce centre permettrait à l’île d’accroître son attractivité dans le secteur des nouvelles technologies, qui représente 8 % du PIB de l’île. Avec le SWAC, le gouvernement mauricien envisage d’accroître ce chiffre et s’est fixé pour objectif d’atteindre les 15 % en 2015. Vingt deux millions d'euros seront investis par le Board of Investment (BOI), principal investisseur en partenariat avec la State Investment Corporation, avec la participation du Ministère des Technologies informatiques.
 
Bora Bora, Stockholm, Halifax, Ottawa et Cornell tournent au SWAC
 
Depuis mai 2006 à Bora Bora, l’hôtel Intercontinental a ouvert ses portes et intégré la technologie SWAC. Grâce à elle, il est devenu le premier établissement privé totalement climatisé à l’eau de mer. Autonome et respectueux de l’environnement, ce nouveau système de climatisation a permis à l’établissement d’économiser 90 % de ses dépenses sur ce poste, soit 2,5 millions de litres de fuel par an, sans émissions de GES ni pollution.
 
Au Canada, à Halifax, le complexe commercial Purdy Wharf utilise l'eau de mer à basse température pour répondre aux besoins de refroidissement des bureaux. De l'eau de mer est pompée dans le fond du port. Elle traverse des échangeurs de chaleur en titane situés dans le sous-sol du bâtiment. Enfin elle retourne dans l'océan. A chaque étage, l'eau circule à travers un système de serpentins. Pendant plus de six mois par an, en moyenne, l'installation d'eau de mer refroidit le complexe efficacement. Les semaines restantes, le refroidissement est assuré par des refroidisseurs classiques.
 
A l’université de Cornell dans l’état de New York, les eaux froides du lac Cayuga alimentent, depuis plusieurs années, un système de climatisation dans les bureaux.  A Toronto, le principe est le même, grâce aux eaux du lac Ontario, tandis qu’à Stockholm, la Mer Baltique fournit le précieux liquide de refroidissement.
 
A travers le monde, le SWAC a clairement fait ses preuves tant sur le plan économique qu’énergétique. Reste à convaincre des investisseurs et des pays hôtes que leurs mers regorgent d’une énergie exceptionnelle.
 
 

Par Marie Varasson

 
Lien vers le site du Club des Argonautes
 


No reaction yet
Log in to comment
This item has been read 1015 times
Who are we? | Terms of Use | Contacts | Back to Top
@ Agrion 2007-2010 All rights reserved